Paroisses catholiques de Sarcelles

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Homélie de Stanislas Lalanne pour le 3e dimanche de Pâques

Homélie de Stanislas Lalanne
pour le 3e dimanche de Pâques
26 avril 2020


Ce récit de la rencontre du Christ ressuscité avec les disciples d’Emmaüs est un récit fondateur pour notre foi.

Ce chemin d’Emmaüs passe souvent, pour les disciples que nous sommes, peut-être particulièrement en ce moment, par le découragement et l’écroulement de nos illusions. Mais il nous ouvre aussi à une nouvelle espérance, à la suite du Ressuscité.

Il est question, dans ce récit, de Cléophas et de son compagnon. Nous n’en connaissons pas le nom, peut-être tout simplement pour que nous puissions nous glisser dans sa peau !

Nous sommes effectivement invités à entrer, nous aussi, dans l’expérience du Ressuscité, afin de permettre à d’autres de vivre la même expérience.

Ce récit nous invite à répondre à deux questions :
• Comment reconnaître le Christ ressuscité ?
• Comment annoncer le Christ ressuscité ?

Tout au long de notre chemin, le Christ marche à nos côtés sans que nous le voyions toujours, sans que nous sentions sa présence, comme avec les disciples d’Emmaüs.

Chacun de nous, à un moment ou à un autre de sa vie, nourrit ce rêve de voir le Christ accomplir ses désirs et ses attentes. C’est humain ! Chacun de nous, à un moment ou un autre de sa vie, éprouve cette déception :
• une foi qui ne correspond pas à ce qu’il voudrait ou à ce qu’il espérait,
• une foi qui ne semble pas lui apporter la force et les moyens dont il a besoin pour vivre.

Comment en sort-on ? Ce récit nous en donne un chemin, un itinéraire.

Cet itinéraire commence par la mémoire des événements, comme pour Cléophas et son compagnon. Une étape importante… Mais nous découvrons que la connaissance des événements, leur intelligence, ne suffit pas à ouvrir les yeux et le cœur.

Cet inconnu qui les rejoint va leur ouvrir le chemin qui passe de la connaissance des événements à la reconnaissance de la présence et de l’action de Dieu.

Il serait vain de croire qu’il suffit de lire l’Evangile pour le comprendre ! Les événements survenus à Jérusalem en la personne de Jésus ne prennent leur véritable dimension que si nous pouvons les comprendre comme l’accomplissement de la promesse de Dieu, telle qu’elle a été faite à Israël.

Il existe un second chemin pour comprendre et reconnaître le Christ Ressuscité : le chemin de l’accomplissement sacramentel.

Nous en avons un signe dans la fraction du pain par Jésus le soir à l’auberge, fraction du pain qui rappelle le dernier repas et qui suffit alors pour que leurs yeux s’ouvrent et qu’ils le reconnaissent.

Ainsi, chrétiens en chemin, parfois hésitants, troublés, découragés, particulièrement en ces temps si rudes et éprouvants, nous connaissons les lieux et les moments :
• où nous pouvons renouer le contact avec le Christ ressuscité,
• où nous pouvons retrouver la plénitude de sa présence,
• où notre foi peut retrouver sa pleine dimension et notre espérance s’exprimer.

Il s’agit de la vie sacramentelle de l’Eglise qui nous manque depuis plusieurs semaines et que nous espérons retrouver prochainement. Cette vie sacramentelle à laquelle les catéchumènes, jeunes et adultes, aspirent de tout leur cœur.

La seconde question à laquelle nous sommes confrontés : comment pouvons-nous annoncer la résurrection du Christ ?

Disciples et apôtres, c’est bien notre mission de baptisés, que nous soyons ministres ordonnés, consacré(e)s ou fidèles laïcs.

Témoins du Christ ressuscité, minorité au milieu d’une humanité qui ne le connaît pas ou bien qui l’a connu et s’en est détournée, ou encore qui le refuse.

Mais comment cette mission peut-elle s’accomplir si nous ne tenons pas compte des chemins par lesquels nous sommes nous-mêmes conduits à la reconnaissance ? Oui, comment annoncer le Christ ?

Annoncer le Christ ressuscité à nos frères et sœurs suppose que nous soyons d’abord à leur écoute :
• que cherchent-ils ?
• quelles sont leurs attentes et leurs espérances ?
• comment entrer au dialogue avec eux ?

Autour de nous, des personnes de tous âges attendent, cherchent, espèrent, doutent.

Comment peuvent-elles imaginer que la foi qui nous anime peut être une réponse à leurs attentes, leurs espérances ou leurs doutes :
• si nous ne les entendons pas ?
• si nous ne les rencontrons pas ?
• si nous ne les écoutons pas sur ce qui touche le plus intime de leur vie ?
• en bref, si nous ne les rejoignons pas sur leur propre route, à la manière du Christ avec Cléophas et son compagnon ?

Pour passer de l’ignorance les uns des autres à l’intérêt mutuel et à un échange de parole authentique, il faut qu’il y en ait un qui fasse le premier pas. Et c’est à nous de le faire.

Non pas parce que nous serions meilleurs que les autres ! Mais parce que ce premier pas correspond à la mission que le Christ nous confie.

Alors, devenons ces compagnons d’humanité habités par le Christ mystérieusement présent sur le chemin des hommes :
• pour entendre leur espérance d’un monde différent de celui que nous connaissions jusqu’alors,
• pour les aider à découvrir que ce monde nouveau ne pourra qu’être le fruit du renouvellement des cœurs, de la conversion de vie, de l’ouverture de chacun aux soucis des autres,
• pour leur donner les signes qu’une nouvelle vie est ouverte et possible, différente de celle d’hier.

Frères et sœurs, habités par la joie de la Résurrection, nous sommes invités à partager cette joie à l’humanité.

Alors, ne manquons pas le rendez-vous du chemin d’Emmaüs. Devenons les compagnons de Cléophas !

Amen.



26/04/2020
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