Paroisses catholiques de Sarcelles

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Homélie de Stanislas Lalanne 1er dimanche de l’Avent 29 novembre 2020

C’est aujourd’hui le premier dimanche de l’Avent, le début d’une nouvelle année. On pourrait d’ailleurs se souhaiter les uns aux autres une bonne année !

Avent ? Un terme qui signifie venue, arrivée, avènement. La venue de Jésus sur la terre n’est pas seulement un fait historique du passé. Notre foi en chacun de nos « credo » nous fait affirmer qu’il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.

Ce n’est pas une invention de l’Eglise pour faire peur ! C’est une vérité qui se trouve à presque toutes les pages de l’Evangile. C’est ce que les exégètes, les spécialistes de la Bible, appellent la dimension eschatologique qui court tout au long de l’Evangile.

Eschatologique ? Un mot qui peut sembler compliqué ! Le mot eschatologie vient du grec eschatos, c’est-à-dire dernier, et logos, c’est-à-dire discours, science. L’eschatologie, c’est cette branche de la théologie qui étudie la destinée finale de l’homme et du monde.

Cela signifie simplement que le Royaume, inauguré par la mort et la résurrection du Christ, est à la fois déjà présent, ce qui ne veut pas dire entièrement réalisé, et à la fois n’est pas encore advenu totalement. Il s’approche. Et les chrétiens sont appelés à coopérer tant personnellement que collectivement à ce monde nouveau à travers leurs activités quotidiennes.

Alors, aujourd’hui, en quelques lignes courtes, Jésus nous répète quatre fois : « Veillez ». Et même « prenez garde », comme si le risque était grand de ne pas attendre sa venue !

Un Evangile qui finalement nous rappelle le sérieux de notre responsabilité, le sérieux de notre liberté.

Depuis au moins sept dimanches, nous avons entendu ce thème : Dieu qui semble absent de ce monde nous répète qu’il faut être vigilant : soyez toujours prêts car vous ne savez pas quand le Maître reviendra.

Dieu est comme un homme parti en voyage et qui a donné tout pouvoir à ses serviteurs. Ce temps de l’absence est donc le temps de la responsabilité.

Chacun a reçu une charge, chacun a reçu un travail. On peut même penser que ce Maître est parti exprès, pour donner de l’importance à ses serviteurs !

On pourrait dire que notre Dieu est un Dieu sérieux ! Un Dieu qui a vraiment confié tout pouvoir, et donc une responsabilité réelle. Dieu est parti, comme pour ne pas être sans cesse sur notre dos, de manière tatillonne. Il tient à ce que nous soyons libres, sans pression.

« Allez ! Réfléchissez intelligemment ! Décidez ! Je vous fais confiance. La liberté n’est pas un jeu. C’est sérieux. » Dieu ne fait pas comme si nous étions libres, mais en ne tenant pas compte, en fait, de nos décisions.

Ce n’est pas pareil de veiller ou de dormir. Ce n’est pas pareil d’aimer ou de ne pas aimer.

Nous sentons bien que l’Evangile d’aujourd’hui est un avertissement grave. Qu’arrivera-t-il si le travail fixé à chacun n’a pas été fait ? Qu’arrivera-t-il si ceux qui devaient veiller sont trouvés endormis ? Alors, il nous faut répondre à la question : que veut donc dire veiller ?

Chaque nuit, pendant que tous les autres dorment, il y a des gens qui sont éveillés : la mère au chevet de son enfant malade, l’infirmière à l’hôpital, le permanent de la station-service pour les conducteurs obligés de conduire de nuit, l’ouvrier qui fait les trois-huit, les forces de l’ordre, et j’en passe !

Jésus voit son Eglise comme une maison où l’on veille. Vous savez, cette maison aux vitres éclairées quand toutes les autres sont dans le noir : « Prenez garde, veillez ! »

Dimanche dernier, Jésus nous a dit que tous les hommes seront jugés d’abord sur l’amour : nourrir vêtir, loger, visiter… « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Voici la base commune du jugement pour tous, croyants ou incroyants.

Mais aujourd’hui, Jésus nous dit que nous, les croyants, ses disciples, nous serons aussi jugés sur un second critère : « Veillez… pour que le Maître, en arrivant à l’improviste, ne vous trouve pas endormis. »

Nous qui avons entendu la voix de Jésus, nous serons aussi responsables de notre réponse de foi, de notre vigilance. Il nous demande non seulement d’aimer mais de veiller.

C’est cette attitude très concrète qui distingue les vrais amis de Jésus de ces « chrétiens à gros grains » que nous sommes parfois. Il y a ceux qui veillent et ceux qui ne veillent pas. Que Jésus soit un inconnu ou un indifférent pour beaucoup, cela ne l’étonne pas.

Il en parlait dimanche dernier comme d’une éventualité fréquente – tous ceux qui aiment leurs frères sans reconnaître le Christ en eux –. Mais à nous, ses amis, il nous dit aujourd’hui de « veiller », c’est-à-dire d’être de ceux qui l’attendent.

- Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder ?
- Savez-vous ce que c’est que désirer que le temps passe, en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur ?
- Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles, de vous demander, jour après jour, ce qu’il fait en ce moment, et s’il se porte bien ?

Je crois que veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là. Ceux qui aiment comprennent cela !

Alors, chacun de nous peut se poser la question :
- quelles vont être mes vigilances d’ici Noël ?
- à quoi vais-je plus particulièrement faire attention ?
- comment répondrai-je à l’invitation de Jésus de « prendre garde », d’être attentif à ses venues ?

Amen.



29/11/2020
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